La puissance est un critère déterminant dans le processus d’achat d’un appareil indépendant de chauffage au bois, que ce soit un poêle ou un insert à bois. Bien entendu, la performance de l’appareil dépend en partie de sa puissance nominale.
Mais à quoi correspond cette puissance nominale et comment est-elle déterminée ?

 

Exprimée en watts (W), la puissance d’un équipement correspond à sa capacité à fournir une quantité d’énergie dans un temps donné.
Dans le cas des poêles et inserts, cette énergie provient du bois (sous forme de bûches, de granulés ou de bûches reconstituées) et est restituée sous forme de chaleur, nécessaire pour compenser les déperditions thermiques d’un habitat et pour le maintenir à une température ambiante confortable.

Si le niveau de chaleur dépend d’une part de la charge de bois introduite dans l’appareil, un apport mesuré d’air frais est d’autre part nécessaire pour la combustion de cette charge donnée. Ainsi, lorsque toutes les conditions sont réunies, la chaleur diffusée par l’appareil par rayonnement et par convection assure le chauffage de l’habitat et donc le confort de ses occupants.

Cas des appareils à bûches

 

Telle qu’elle est annoncée dans la documentation fournie par les fabricants avec leurs appareils à bois, la puissance nominale est définie par la norme comme étant la valeur moyenne de l’énergie récupérée au cours d’au moins 2 cycles de combustion d’au moins 45 minutes chacun, à partir d’une certaine quantité de bois elle aussi préconisée par le fabricant.

On parle de valeur moyenne car il est constaté que la quantité de chaleur fournie durant le cycle de combustion n’est pas régulière. En effet, la quantité de chaleur est faible au moment du chargement de l’appareil (phase d’allumage) pour ensuite atteindre sa valeur maximale lorsque toute la charge de bois est enflammée (phase de combustion vive), avant de diminuer lorsque les flammes disparaissent (phase de combustion des braises).
La puissance nominale correspond donc à la puissance moyenne des trois phases de combustion au sein de l’appareil.

 

Afin de comprendre pleinement le principe de puissance et d’en saisir les limites, il est important de garder à l’esprit que :

  • La puissance maximale constatée au cours d’un cycle de combustion est très supérieure à la puissance moyenne et peut correspondre au double de celle-ci
  • La puissance est directement liée à la quantité de bois introduite stipulée par le fabricant. Si faire varier la charge de bois permet de moduler la puissance, cette variation ne garantit pas les performances de l’appareil, hormis pour des charges spécifiques mesurées et préconisées par le fabricant lui-même.
    Attention toutefois : lorsqu’une charge de bois est introduite dans l’appareil, il n’est pas possible d’en réduire ou d’en augmenter la puissance sans en dégrader les émissions
  • La puissance nominale indiquée par le fabricant est basée sur l’emploi de bois dit « sec », c’est-à-dire avec un taux d’humidité (Hr) maîtrisé entre 12 et 20%
  • Conformément à la norme, l’annonce d’une puissance nominale est toujours accompagnée d’une mesure de rendements et d’émissions de polluants ainsi que d’un réglage d’air de combustion à respecter, pour éviter une forte dégradation de la combustion entraînant une forte augmentation de ces émissions de polluants (CO, poussière…)

Cas des appareils à granulés

 

L’alimentation du granulé est pratiquement continue et proportionnelle à la puissance désirée par le système de pilotage automatique. Il n’y a dans ce cas pas d’effet de surchauffe.

La puissance est mesurée sur deux cycles de 3h dans chaque allure annoncée par le fabricant, c’est-à-dire une allure nominale et le plus souvent une allure réduite. L’appareil est alors caractérisé pour une plage de fonctionnement.

De l’importance de dimensionner la puissance nominale
selon l’environnement et les besoins

 

Afin d’opter pour un équipement adéquat à la puissance nominale nécessaire, il faut tenir compte du lieu dans lequel il sera implanté, car un lieu s’accompagne de contraintes internes (dimensions de l’espace, niveau d’isolation, etc.) mais aussi externes (exposition au soleil, températures extérieures variables au cours des saisons).
Déterminer le besoin réel de chauffage d’un lieu est donc primordial pour choisir la bonne solution de chauffage !

Si un appareil à granulés est normalement capable de gérer automatiquement sa puissance selon la consigne de température de la pièce, il n’en est pas de même pour un appareil à bûches. Ce type d’appareils produit des pics de chaleur importants en combustion vive, il est donc préférable de moduler la puissance en réduisant les charges de bois et en adaptant les réglages d’air. Le poêle de masse, quant à lui, a l’avantage de ne pas être sujet aux pics de chaleur ; cependant il monte moins rapidement en température et réchauffe donc plus lentement les espaces.

 

Vous avez maintenant toutes les clés en main pour choisir un appareil de chauffage au bois à la puissance adaptée aux besoins et aux usages d’un lieu défini !